Olivier du Boucheron, l'actuel propriétaire du domaine de La Baronnière, a été élu à la tête du Souvenir vendéen en février 2018.

Olivier du Boucheron, élu président du Souvenir vendéen

Samedi 17 février 2018, à Saint-Amand-sur-Sèvre (Deux-Sèvres), le conseil d’administration du Souvenir vendéen a désigné le nouveau président de l’association et son choix s’est porté sur Olivier du Boucheron, le propriétaire du domaine de La Baronnière où a vécu le général vendéen Charles Melchior Artus de Bonchamps (1760-1793).  Olivier du Boucheron, qui avait rejoint le conseil d’administration il y a un an, en qualité d’auditeur, devient ainsi le 7e président élu du Souvenir Vendéen. Il succède à Xavier de Moulins, qui a assuré l’intérim depuis octobre 2017 à la suite du départ de Michel Chatry.

Reconnaissance et apolitisme, ses deux priorités

« C’est un sujet qui me passionne et me tient à cœur, a-t-il confié à Ouest-France, le lendemain. Être élu président est un honneur, mais c’est aussi une grosse responsabilité ». Olivier du Boucheron compte faire de « la notion de reconnaissance », une priorité de son mandat : « Il ne s’agit pas de mettre en cause la République, mais ceux qui s’en sont faits les porte-paroles. Le génocide est indiscutable sur les bases juridiques. Il faudrait le reconnaître officiellement, par un symbole à définir. »

Autre priorité de son mandat : maintenir l’aspect apolitique de l’association. « Le respect de cette règle est fondamental, affirme le nouveau président. Tout écart nous nuit et ruine le travail accompli. Notre mission de mémoire du sacrifice inouï des vendéens pour défendre leurs convictions spirituelles et culturelles ne peut se fourvoyer avec des mouvements qui feraient de notre ancienne association « une officine » et pour qui -quels qu’ils soient- la Vendée militaire n’est qu’un moyen d’atteindre leurs propres fins. Pour paraphraser Jehan de Dreuzy [le 4e président de l’association] : partageons une amitié, pas une haine. »

Première commémoration : le massacre des Lucs-sur-Boulogne

Huit jours plus tard, le 25 février, le 224e anniversaire du massacre des Lucs-sur-Boulogne (Vendée) a été la première commémoration présidée par Olivier du Boucheron. Lors de ces deux sanglantes journées de 1794 -le 28 février et le lendemain, 1er mars 1794- 564 personnes, dont 110 enfants de moins de huit ans, ont été tuées par les colonnes infernales des Républicains, aux Lucs-sur-Boulogne (qui à l’époque comprenait le Grand-Luc et le Petit-Luc).

L’association du Souvenir vendéen commémore ce massacre depuis cinq ans. Cette année encore, elle a organisé un moment de recueillement et un dépôt de gerbe à la chapelle du Petit-Luc, érigée en 1867 sur les ruines de l’église brûlée le 28 février 1794, en présence du curé de la paroisse Saint Luc des Rivières, le père Pierre Chatry et de plusieurs élus locaux, dont Alain Lebœuf et Mireille Hermouet, conseillers départementaux du canton d’Aizenay (Vendée), et Roger Gaborieau, maire des Lucs-sur-Boulogne.

   

« Pour que la mémoire ne soit pas perdue »

Interviewé dans le journal de 7 heures de RCF, vendredi 23 février, Olivier du Boucheron explique l’importance du devoir de mémoire. « D’abord, pour que la mémoire ne soit pas perdue, indique-t-il. Ce sont des faits indiscutables et inouïs de violence, face à des gens – en tout cas pour ce qui est des Lucs – souvent désarmés et qui ne faisaient que défendre des convictions religieuses qui leur avaient été accordées, à l’origine, par les Droits de l’homme en 1789. Donc, c’est important de garder cette mémoire et en particulier aux Lucs-sur-Boulogne puisque c’est l’un des endroits, malheureusement, où les massacres ont été les plus importants. » 

Cette commémoration est « très calme, sans discours car c’est un moment de recueillement en fait », précise encore Olivier du Boucheron au micro de RCF. Avant ce temps de prière, une conférence gratuite a été donnée par Alain Gérard, auteur des Archives de l’extermination (éd. CVRH, 2013), à La Chabotterie, à Saint-Sulpice-le-Verdon (Vendée), sur le thème « massacre et déni, mémoire et histoire ».

Une association ouverte à tous

Le Souvenir vendéen a été fondé en 1932 par le Docteur Coubard. L’association propose l’étude et le maintien de l’ensemble traditionnel, culturel, historique et religieux propre aux territoires réunis sous l’appellation de « Vendée militaire » dans le respect dû au passé et de l’unité morale de la France. Elle est ouverte à tous : les descendants des « géants » de 1793, qui ont gardé au cœur la piété filiale envers leurs ancêtres et la fierté de leur titre de Vendéens, mais aussi ceux pour lesquels l’épopée vendéenne a sa place, pour le rôle essentiel qu’elle occupe dans l’Histoire de France et par l’influence qu’elle a exercée à travers le monde.