Naissance d’un potager à l’ancienne

C’est le printemps ! Avec les beaux jours qui reviennent et la bonne nouvelle reçue il y a quelques jours sur l’appellation « Beaux jardins », nous avions envie de partager avec vous l’histoire de la naissance du jardin potager du château de La Baronnière. Dans l’émission Rose Tomate, sur Radio Fidélité, le 7 octobre 2016, avec Christine de Langle et Rémi Fruchard, Anne du Boucheron est revenue sur la création de son jardin en 2011, expliquant l’importance de l’écologie naturelle.

La Baronnière a appartenu aux Bonchamps jusqu’en 1801, date à laquelle l’aïeul d’Anne, Jean-Joseph Arnous Rivière, a racheté le domaine et fait construire un château à quelques mètres de l’ancien, brûlé pendant La Révolution. Ce nouveau château, tout en tuffeau, style conte de fées, a été le premier réalisé par René Hodé à être classé Monument historique dans le Maine-et-Loire. « Nous avons repris cette propriété en 2008, raconte Anne. J’étais déjà passionnée de jardins. J’ai suivi beaucoup de cours en Belgique où j’ai vécu pendant 15 ans. » 

La naissance du jardin en images

Comme un amphithéâtre

Il fallait rénover le jardin potager existant mais vieillissant. Dans le reste de la propriété, « il y a un parc à l’anglaise », explique Anne. Ce parc, dessiné par André Leroy, était dominé par les courbes et la verdure, il était impossible d’y faire un jardin. « Or, j’avais envie de fleurs, de légumes anciens, se souvient-elle. C’est une passion de famille.  Dans le jardin existant, il restait quelques légumes, quelques iris, quelques pivoines parce que ma mère est également passionnée de fleurs. »

En 2011, Anne et Olivier du Boucheron ont entièrement redessiné le jardin potager. Ils ont opté pour une forme en demi-cercle à l’emplacement de l’ancien, un endroit carré et clos de murs. Anne avait visité des jardins en demi-cercle, y trouvant un aspect doux, féminin, moins strict qu’un potager classique en carrés. « J’ai tout enlevé et mis de côté. Nous avons préservé les espèces anciennes de fleurs en les mettant en jauge [dans de la terre] », explique la propriétaire de La Baronnière. Olivier s’est chargé du dessin et de l’aspect technique : « Comme il y a un puits au centre nous avons pris un petit bâton, des ficelles et, en partant de ce puits, nous avons tracé des demi-cercles jusqu’au bout des murs », résume Anne.

Des fleurs dans un potager

Le jardin clos de murs s’étend sur 1 hectare. Anne et Olivier n’en ont aménagé qu’environ 3.500 m2 pour l’instant. Cette partie a été divisée en quatre sous-ensembles. À gauche, on trouve un verger en amphithéâtre constitué de pommiers et de poiriers en espaliers. À droite, ce sont des légumes anciens : blettes de couleur, cardons, betteraves rouges, asperges, carottes rouges, blanches, violettes, oranges, jaune, salades rouges, vertes et de multiples couleurs. Anne a créé une ceinture de petits fruits rouges à l’arrière de ces deux parties avec des framboisiers, des groseilliers et des cassis, ceinturant le jardin potager en amphithéâtre. Au fond, Anne a planté toutes ses fleurs annuelles : « J’ai six grands massifs et je fais environ 1.000 plants de plantes annuelles. Il y a des zinnias de toutes les couleurs, des alstroemerias, un massif de plantes noires et vertes, des cosmos framboise, des cosmos blancs, des cosmos chocolat qui sentent délicieusement bon. »

Anne voulait absolument avoir beaucoup d’insectes dans son jardin et, ainsi, éviter d’utiliser des pesticides pour « ne pas abîmer le sol ni les plantes » et « avoir un véritable équilibre ». Planter des fleurs a donc été une évidence : « C’est très important de mettre ces fleurs parce que cela attire énormément de bourdonnants et de papillons, affirme-t-elle. C’est très important un équilibre entre le sous-sol et l’aérien, parce que tout ce qui est terrestre se nourrit évidemment d’insectes, de vers de terre et de tout ce qui est dans le sol. »

Le gris, ce n’est pas qu’esthétique

Dans le jardin potager du château de La Baronnière, les visiteurs peuvent être intrigués par une prédominance de gris et de blanc sur les bords des allées. Ce mélange, très reposant pour les yeux, est une idée d’Anne : « Quand on circule dans un grand espace, il faut d’abord marquer un rythme ou mettre des masses, et ne jamais planter une chose puis une autre. » Elle a donc créé un rythme en plantant des bivonianas -des chênes verts à feuilles d’olivier- taillés en cônes le long des axes de circulation, tous les six mètres. Entre ces bivonianas, Anne a choisi des fleurs blanches -agapanthes, gauras, lavandes, dahlias cactus et iris- mais aussi des plantes à feuillage gris et gris argenté, « parce qu’elles ont moins besoin d’eau et que cela donne beaucoup d’éclairage dans un jardin », indique Anne du Boucheron.

Ces plantes grises sont donc résistantes, mais elles ont aussi d’autres vertus. Par exemple, le nepeta × faassenii « est une vraie cabane à insectes, explique Anne. Quand on soulève toute la masse de la plante en dessous, c’est bourré d’insectes. » Il y a aussi les lavandes qui « font fuir beaucoup d’insectes nuisibles, comme le puceron parce que l’odeur est trop forte ». Le jardin est un auto-équilibre donc il est important de compter avec ce qu’y se trouve dans le sous-sol. Dans celui de La Baronnière par exemple, il y a un hôtel des insectes qui abrite des insectes mais aussi des hérissons qui se nichent dans les gros tubes de bois au premier étage de l’hôtel. « Nous avons eu des petits et leur mère, se souvient Anne. Ils mangent des chenilles et tout ce qui est nuisible. » Le petit bois, les tuiles et les pierres, eux, attirent les orvets, les guêpes et les perces-oreilles. Quant aux fleurs colorées, Anne a choisi de les « canaliser dans un coin du jardin pour qu’il y ait une masse de couleurs ».

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