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Bonchamps

Les plus anciennes sources concernant l’histoire de La Baronnière datent du XVème siècle. En 1626, le domaine revient à la famille Bonchamps dont le dernier et plus célèbre propriétaire est le général de la Guerre de Vendée, le Marquis Charles-Melchior-Arthus de Bonchamps (1760-1793). Militaire de carrière, il refuse de prêter serment de fidélité à la Nation pendant la Révolution française et démissionne en 1791. Le 14 mars 1793, à la demande des hommes du district de Saint Florent, il prend le commandement de l’armée du nord. Il ne reviendra jamais. Le 17 octobre 1793, il reçoit une balle dans le ventre à la bataille de Cholet. Transporté à Saint-Florent mortellement blessé, il a le temps de gracier 5.000 prisonniers républicains (geste immortalisé par le sculpteur David d’Angers, fils de l’un des prisonniers, dans l’église abbatiale de St Florent-le-Vieil). Grâce à ce geste, sa veuve sera graciée.

>> Pour aller plus loin : lire en ligne les « Mémoire de la marquise de Bonchamps » (Bnf)

Le Marquis Charles-Melchior-Arthus de Bonchamps (1760-1793) a été l'un des propriétaires de l'histoire de La Baronnière.

Arnous-Rivière

En 1797, la Marquise de Bonchamps décide de vendre La Baronnière : son mari, qui était déjà très endetté, s’est définitivement ruiné lors de l’insurrection vendéenne pour entretenir ses troupes. Le domaine avait été mis sous séquestre par les créanciers. Jean-Joseph Arnous-Rivière, grand armateur nantais, achète le domaine aux enchères en 1801. Il cherchait un grand domaine agricole. Il restaure la cour carrée et les fermes, restructure les terres et développe la culture de la vigne. À cette époque, quand il vient à La Baronnière, il habite l’ancien château dont une petite partie a échappé aux flammes (là où se trouve l’actuelle chapelle). Il fait également construire l’orangerie où vivent les actuels propriétaires. Son fils Jules-Armand Arnous-Rivière et son épouse Marie-Ernestine Guillet de La Brosse héritent de La Baronnière en 1836. Ils créent la chapelle, rénovent le parc et font construire l’actuel château. La Baronnière appartient toujours à leur descendante, Anne du Boucheron.

Le Baron Jean-Joseph Arnous-Rivière a acquis le château de La Baronnière en 1801. Découvrez son histoire.

Les lieux remarquables de La Baronnière

Le fronton du château : découvrez les lieux remarquables et l'histoire du château de La Baronnière.

Le château | XIXème s.

Un château féodal existait déjà au XVe siècle. Le château Renaissance a été incendié par les troupes républicaines le 16 avril 1793 peu après le départ de Bonchamps. Il n’existe aucun dessin, plan ou peinture connus à ce jour. L’actuel château a été construit entre 1852 et 1856 à quelques dizaines de mètres de l’ancien. Il a été dessiné par l’architecte René Hodé, créateur du style néogothique troubadour inspiré de l’imitation du XVe siècle (Viollet-le-Duc fut l’un de ses élèves). La Baronnière est le premier de ses châteaux à être classé Monument Historique en 1995. Les toits, chenaux et lucarnes ont fait l’objet d’importants travaux de restauration depuis 2009. L’intérieur est distribué verticalement par un grand escalier d’honneur. Au rez-de-chaussée, de part et d’autre du hall, le salon de réception et la salle à manger sont habillés de lambris à plis de serviette en chêne et de cheminées surmontées de très grandes vitres. Ernest, le fantôme du château et arrière-arrière-grand-père d’Anne, est discret et bienveillant… Voir les photos du château

La cour carrée | XVIIème s.

Très bel ensemble homogène avec des éléments du XVIIe siècle et quelques modifications du XIXe siècle. Le côté sud était sans doute composé d’une chapelle incendiée en 1793. L’étage servait de logement pour les domestiques et le rez-de-chaussée de dépendances (écuries, boulangerie, pressoir etc.). D’après la tradition orale, le puits dit « puits aux bleus » contient des corps de républicains. Les écuries ont été rénovées en boxes en 2004. La Cour carrée a été inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques (ISMH) en 1993. Sa restauration a débuté en 2010. Voir les photos de la cour carrée

La cour carrée XVIIème : découvrez les lieux remarquables et l'histoire du château de La Baronnière.
La chapelle XIXème : découvrez les lieux remarquables et l'histoire du château de La Baronnière.

La chapelle | XIXème s.

De style néogothique, elle a été construite en 1842 à partir de la tour de l’ancien château, la seule partie encore debout après l’incendie de 1793. On peut distinguer, encore aujourd’hui, des traces de l’ancien château sur l’une des façades de la chapelle. Les ouvertures sont ornées de vitraux réalisés en 1846 par le maître verrier Thévenet. La sacristie pouvait être chauffée par un petit poêle. La Chapelle a été inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques (ISMH) en 1993. Elle sert encore pour des cérémonies religieuses familiales. Voir les photos de la chapelle

Le jardin potager | XXIème s.

Composé de 150 espèces de plantes dont 500 variétés, ce jardin potager s’étale sur plus de 3.000 m2 en demi-cercle. Il a été dessiné par les propriétaires en 2011 à l’emplacement de l’ancien. L’ensemble se décline en gris et blanc sur quatre parties : un verger ; des légumes anciens ; six massifs de fleurs annuelles aux couleurs vives ; des aromatiques et des « curieuses » aux odeurs spécifiques. Le jardin potager est agrémenté d’une vieille serre qui accueille les semis et les jeunes plants, d’un hôtel des insectes, de groseilliers, casseillers, cassissiers, framboisiers, rhubarbes répartis sur de jolies courbes, d’un vieux puits et d’un étang. De vieilles vignes de chasselas et muscat, des kiwis, de vieux pruniers, pommiers, cerisiers et cognassiers s’étendent le long des murs d’enceinte. Certaines planches sont -à titre expérimental- en phacelie, en autres engrais verts ou en quinoa. Les pois de senteurs aux odeurs délicates et subtiles côtoient les dahlias, les zinnias, les cosmos et les alstroemerias aux couleurs vives. Voir les photos du jardin potager

Une tomate du jardin potager de La Baronnière : découvrez les lieux remarquables et l'histoire du château de La Baronnière.
Le parc romantique : découvrez les lieux remarquables et l'histoire du château de La Baronnière.

Le parc | XIXème s.

Dès 1838, Jules-Armand et Ernestine Arnous-Rivière font établir par André Leroy, principal pépiniériste français et créateur pionnier de parcs en Anjou, un projet très proche de la réalisation définitive. Il crée de toutes pièces un nouveau paysage sur un espace d’environ 20 hectares. Cet écrin pour le nouveau château utilise remarquablement les caractéristiques du coteau entouré par la rivière Èvre avec de longues perspectives sur le paysage. De très beaux arbres subsistent : platanes, chênes, pins Laricio, pins noirs d’Autriche, séquoias, etc. Le parc a été classé Parc pittoresque en 1993 et fait l’objet de travaux de restauration (élagages des perspectives, etc.). Voir les photos du parc

Le cirque de Courossé

Situé dans la partie sud-ouest du parc (accès libre par la route), c’est l’un des sites les plus pittoresques de l’Anjou, appelé le « joyau de la Suisse angevine » en raison du panorama qu’on y découvre. Sur le balcon de ce promontoire, un calvaire monumental a été érigé 1889 en souvenir des combats lors de l’insurrection vendéenne. Le grand Christ domine tout le paysage et regarde les Mauges sur plus de 25 kilomètres, des clochers de La Boissière-sur-Èvre jusqu’à Botz-en-Mauges. 70 mètres plus bas, l’Èvre décrit deux boucles prononcées et après avoir contourné le domaine de La Baronnière va se jeter dans la Loire. À gauche, on trouve le chemin de croix, un sentier en lacets de 225 mètres. Il conduit près d’une grotte inaugurée à l’instigation du Baron Arnous-Rivière en 1889. Baptisée « la Lourdes des Mauges », elle fut, dans l’ouest, le premier sanctuaire érigé dans un cadre rappelant de si près le rocher de Massabielle. Là, tout près de l’Èvre, sous les frais ombrages de rares thuyas séculaires, vous découvrirez un tout autre aspect du site, notamment l’imposante masse de ce rocher qui surplombe le vallon de plus de 70 mètres, mais aussi les ruines de l’ancien village du moulin à eau, abandonné en 1920. Voir les photos de Courossé

>> Pour aller plus loin : lire l’article « Sur les chemin du ‘joyau’ Courossé » avec Anne du Boucheron

Le Cirque de Courossé : découvrez les lieux remarquables et l'histoire du château de La Baronnière.