Les conseils d'Anne : Anne du Boucheron, passionnée de jardin et de potager, nous livre ses conseils en matière de jardinage bio

Les conseils d’Anne : ces plantes qui soignent

Anne du Boucheron, la propriétaire de la Baronnière et descendante des fondateurs de l’actuel château, était l’invitée de l’émission Rose Tomate présentée par Christine de Langle et Rémi Fruchard sur Radio Fidélité, le 31 mars 2017. Passionnée de plantes et de cuisine, elle nous donne des conseils pour repérer et utiliser les plantes sauvages qui soignent l’humain et le jardin.

  Écoutez l’émission « Rose Tomate » sur ces plantes qui soignent

Anne n’est pas médecin, mais passionnée. Lorsqu’elle habitait en Belgique, pendant 15 ans, elle a beaucoup appris en suivant des cours sur le bio et en participant à des groupes de jardin avec des spécialistes. « J’ai alors compris que les plantes saines du potager sont importantes pour notre santé, mais que les plantes sauvages le sont aussi, raconte Anne. D’autant qu’on peut ramasser ces dernières très facilement, dans les fossés. » En bonne connaisseuse de ces plantes sauvages, Anne nous livre les secrets de l’ail des ours (contre les toxines), de l’ortie (pour le fer), de la sève de bouleau (pour les oligo-éléments et les vitamines) et de la consoude (contre les inflammations). Ces plantes sont utilisées depuis des millénaires en médecine traditionnelle, mais « dans nos sociétés modernes, nous avons perdu notre instinct car nous ne prenons que des médicaments », note-t-elle. Pour chacune d’elles, il est conseillé de faire une cure de trois semaines. C’est aussi le cas du radis noir (pour le foie) ou des aubépines (contre les rhumatismes).

🍅 Par ailleurs, attention à la peau des tomates ! Beaucoup de gens souffrent de douleurs aux articulations. Nos corps sont beaucoup trop acidifiés. Il faut notamment retirer la peau des tomates. Quand vous faites une salade de tomates, plongez-les dans de l’eau bouillante très vite et retirez facilement la peau car elle glisse. Il ne faut pas non plus manger les grains des tomates.

  Voir des photos du jardin potager de La Baronnière

L’ail des ours (allium ursinum)

Vous ne pouvez pas rater son odeur en vous promenant ! Quand sa fleur blanche est épanouie, au mois d’avril, elle libère une très forte odeur d’ail. Son aspect ressemble à une feuille de muguet. La fleur pousse toute droite avec quatre lobes. Elle apprécie les zones humides. Tout est comestible : la fleur, la tige et la racine.

Ses atouts. L’ail des ours est un antibiotique naturel, très utile par exemple pour les personnes qui ont de l’arthrite et des douleurs chroniques car cela favorise l’élimination des toxines. Elle regorge aussi de vitamine C, de manganèse, de zinc, de fer, de cuivre dont nous avons besoin. Elle est aussi riche en silicium (« l’huile de rouage des articulations ») et elle fluidifie le sang. Note : l’ail du jardin soigne également l’homme .. et les plantes du jardin.

Comment s’en servir ? « J’en mets toujours dans la soupe, indique Anne. On peut aussi faire un pesto d’ail au lieu d’un pesto au basilic, à servir avec des pâtes, des pignons de pain et de l’huile d’olive. »

L’ortie (urtica dioica)

« C’est vraiment dommage que les gens n’en mangent jamais, déplore Anne. Les femmes, notamment, car elles ont tellement besoin de fer ! Or, à côté des épinards, l’ortie est incroyable. »

Ses atouts. L’ortie est un antioxydant. Elle est riche en potassium, en minéraux (ça draine les reins) et en vitamine C. Bref, excellente pour la santé.

Comment la cueillir ? La période idéale est le printemps. Il ne faut jamais arracher les orties car on ne mange ni la tige ni les feuilles un peu vieilles (ce n’est pas bon pour la santé). Il faut couper les trois sommités (les feuilles fraîches). Pour les cueillir, prenez des gants et mettez-les dans votre panier. Une fois arrivée dans votre cuisine, l’ortie ne piquera plus : la glande urticante tombe au bout de 30-45 minutes.

Comment la cuisiner ? Trois idées de recettes :
– La soupe d’orties. Attention à ne pas trop cuire / bouillir les orties car cela enlève beaucoup de vitamines. Disposer une douzaine d’orties coupées en lanières dans le fond du blender et verser un litre de bouillon de légumes très chaud. Attendre 3-4 minutes pour que ça cuise et mixer.

– La tarte aux orties : il faut beaucoup d’orties (cuites à la vapeur) pour un peu de tétragone, quelques lardons et du chèvre. Enfourner tout simplement (« Une recette très facile »).

– Le roulé aux orties et saumon. Voici un plat très sain et joli avec ses couleurs vert-blanc-rose. Anne y ajoute de la sauce au raifort.

Et dans un potager ? C’est un véritable engrais ! L’ortie est très importante dans la préparation des tomates du potager. Anne plante ses tomates sur un lit d’orties : « Je creuse le sol d’une quinzaine de centimètres, je prends un gros matelas d’orties trouvées dans le bois, je hache avec ma bêche, je referme avec de la terre et je plante mes petits godets de tomates. Cela va donner énormément de vitamines et nourrir les tomates qui seront bien plus immunisées. » 

La sève de bouleau

À faire si vous avez la chance d’avoir un bouleau dans votre jardin ! Au mois de mars, quand la frondaison commence à devenir un peu mousseuse, cela signifie que la montée de sève commence. Il ne faut pas tarder : cela dure trois semaines. Ensuite, il n’y a plus rien. La couleur de la sève est transparente comme de l’eau et son goût est à peine sucré. C’est agréable à boire, mais attention, mais cela ne se conserve pas longtemps.

Ses atouts. La sève de bouleau apporte beaucoup d’oligo-éléments et de vitamines. « C’est une cure de santé de printemps qui vous régénère complètement », assure Anne.

Comment s’en servir ? Il faut percer un petit trou, de la taille du petit doigt dans le tronc du bouleau, à moins d’un mètre du sol (pas d’inquiétude, l’arbre cicatrisera totalement au bout de deux mois !). Utiliser la mèche 8 de la perceuse. Glisser dans le trou un petit tuyau bien propre, transparent, d’un mètre de long (vous pouvez en trouver en pharmacie). Le relier à une bouteille – en verre de préférence – après avoir percé le bouchon de la bouteille. « Et là, c’est extraordinaire, s’émerveille Anne. C’est du goutte-à-goutte, mais vous obtiendrez deux à trois litres par jour ! Évidemment, dès qu’il y a un coup de froid, ça s’arrête. » Boire un bon verre chaque matin pendant trois semaines (pas plus car les intestins n’apprécieront pas).

La consoude (symphytum)

La consoude pousse dès le mois d’avril en milieu humide. On en trouve dans le fond des fossés. Elle est reconnaissable à ses grandes feuilles vertes – un peu râpeuses – et à ses fleurs légèrement mauves pâles ou blanchâtres.

Ses atouts. Ses vibrations énergétiques contre les inflammations.

Comment s’en servir ? La feuille peut se manger, mais elle sert surtout de cataplasme. Par exemple, si vous avez une tendinite au bras, déposez de la consoude dessus en l’entourant de film alimentaire afin que cela tienne pendant deux à trois heures. C’est amusant : vous aurez le trait noir de la douleur sur la consoude.